Les traumatismes — qu'ils soient intentionnels ou non intentionnels — sont les principales causes de décès dans le monde. Les traumatismes intentionnels, comme la violence ou l'agression, causent des torts considérables à l'échelle mondiale, mais dans les pays épargnés par la guerre, les traumatismes non intentionnels, communément appelés « accidents », constituent la cause principale de décès et d'hospitalisation. Cependant, le mot « accident » déforme la réalité de ces événements et est donc utilisé de manière erronée.
Pourquoi le langage est important
Les professionnels de la santé et de la prévention des traumatismes soulignent que les traumatismes ne sont pas aléatoires. Utiliser le terme « accident » implique que ces événements sont inévitables et incontrôlables, alors que dans la plupart des cas, ils sont prévisibles et évitables. En changeant notre façon de parler des traumatismes, nous pouvons changer notre façon de les concevoir — et notre façon d'agir.
L'impact économique
L'ampleur de ce problème est stupéfiante. Au Canada, les traumatismes coûtent plus de 10 milliards de dollars par an au système de santé et à l'économie. Aux États-Unis, ce chiffre approche les 1 000 milliards de dollars. Ces chiffres reflètent non seulement les coûts médicaux, mais aussi la perte de productivité et de potentiel humain.
Le traumatisme est une maladie
Des organisations comme l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) reconnaissent les traumatismes comme une maladie en raison de leur fréquence élevée et de leur impact immense sur les systèmes de santé.
Les chercheurs en prévention des traumatismes se concentrent sur les « 3 E » pour lutter contre cette épidémie :
- Éducation : Sensibiliser aux risques de traumatismes et aux stratégies de prévention.
- Engineering (Ingénierie/Conception) : Concevoir des environnements plus sûrs en éliminant les dangers.
- Environnement : Créer des cadres de vie favorables et exempts de risques, en particulier pour les populations vulnérables comme les enfants.
Sécurité des bébés et des enfants : au-delà des « accidents »
L'un des domaines où le terme « accident » est le plus souvent accepté à tort est celui de la sécurité des bébés et des enfants. Les incidents courants tels que les chutes dans les escaliers, les chocs électriques et les noyades sont souvent écartés comme étant inévitables. Or, ces événements peuvent être évités grâce à des mesures proactives fondées sur les « 3 E ».
Un petit changement avec un grand impact
Le simple fait de remplacer le mot « accident » par des termes tels que « traumatisme », « chute », « collision » ou même « bobo » peut faire évoluer notre état d'esprit. Ce changement conduit à une réflexion proactive, nous encourageant à identifier les risques et à prendre des mesures pour prévenir les préjudices.
Les mots façonnent nos actions. Lorsque nous cessons d'accepter que « les accidents arrivent », nous nous donnons, à nous-mêmes et à nos communautés, les moyens de créer des environnements plus sûrs et plus sains pour tous.